Magali Gibert - Sculpteur Plasticienne
[Sculptor, Visual Arts]
Paris - France
contact : 06 19 68 65 06
Ecrire l'eau projet 2008
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PROJET-PERFORMANCE de MAGALI GIBERT
JANVIER-MARS 2008
L'ATELIER EN COMMUN
100 RUE DE CHRENTON – 75012 PARIS
Metro Ledru Rollin
Cette performance artistique se veut
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Les Matériaux
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La Symbolique
100 *
Rouge *
Perle *
Bocal * (vase)
Fil *

« Ecrire l'eau »
sur une bande de toile de lin de 50 m de long et de 60 cm de large, telle est la performance que je vais réaliser.
« Ecrire l'eau » avec des mots.
Chaque mot est en soi une image.
Ces mots, ce sont les mots des gens.
Au fil du temps, au gré de mes rencontres, je les ai glanés aux personnes que je croisais, leur demandant de me donner 5 qualificatifs ( adjectif, nom, verbe, etc....) de ce que l'eau leur évoquait spontanément.
« Ecrire l'eau » pour souligner son importance vitale, sa préciosité.
L'eau est un symbole universel de fécondité et de fertilité.
Les femmes au dessus de 25 ans, et surtout les mères, sentent une relation particulière entre la femme et l'eau.
Pour moi, l'eau est intimement liée à la Vie, l'intérieur, la maternité, le féminin et la mémoire.
« Ecrire l'eau » avec des matières naturelles pour parler de la Vie, de la Nature dont nous faisons partie, de la lenteur.
Ces mots, naîtront à un rythme lent comme les oeuvres de la nature; métamorphose lente et constante.
« Ecrire l'eau » pour parler des femmes, qui par l'antre de leur ventre, où l'alchimie de la (pro)création est possible, sont traversées par les eaux et le flux menstruel qui permet la vie.
« Ecrire l'eau » pour parler de la mémoire puisque: aiguille, fil, couture, sont les outils d'une expression universelle; mémoire, trace, de tous les peuples et de tous les temps.
« J'ai travaillé pour ce dont les hommes d'aujourd'hui ont le plus besoin:le silence et la paix »
Le Corbusier
En opposition à la vitesse, au rapport à la productivité, donc à la consommation, à l'agitation et au bruit, par la répétition du geste, l'acte de création, le mouvement perpétuel, propre à ce qui est vivant, puisque non figé mais en état de devenir; jour après jour, le geste se répètera, comme dans l'oeuvre de Roman Opalka, chaque jour l'oeuvre se fera, se continuera, se déroulera. Entre enrouleur et dérouleur, assise sur un tabouret, positionnée au coeur de cette trajectoire espace-temps espace-matière, j'inscrirai cette trace telle la ligne d'un réseau sanguin.
« La vie est toujours conduite par ces canaux infinis qui tissent la feuille, fibrent le tronc... »
Jean-Luc Daval.
À propos de Magdalena Abakanowicz.
Chaque jour, avec lenteur, silence, patience, recueillement, méditation, telle « une prière », la récitation de mantras, le flot de ces mots coulera laissant son empreinte rouge*. Notre vie se déroule comme ce rouleau, comme ce fil*, d'un point à un autre, de la naissance à la mort.Comme la Colonne sans fin de Brancusi, l'évocation de l'Infini sera ainsi figurée par cette trace unique et multiple.
Bulles
« Dans la tradition chinoise, peinture et poésie sont intimement liées au point qu'il n'est pas rare qu'un poème soit écrit dans une partie vide du tableau. »
Autoportrait Zao Wou Ki
Ainsi mêlées et faisant partie intégrante de cette écriture coulante, dégoulinante, quelques bulles, planètes, lune, cercles (symbole de temps, d'harmonie, de protection, de non commencement non fin*) s'inscriront.*
« L'origine et l'achèvement sont réunis dans la circonférence du cercle. »
Héraclite Fragment 103
Leur présence d'encre (solution aqueuse), de perles* et/ou de fil, mêlée à la fluidité de l'écriture, peuvent évoquer d'une certaine manière le paysage et/ou les pierres dressées des jardins Zen, même si leur disposition en est bien moins rigoureuse.
« Le mot chinois pour « paysage » est shanshui, ce qui veut dire « monts et eaux ».Ce terme évoque les îles des immortels, et se réfère aussi au concept bipolaire du yang et du yin. Marier la rude dureté de la pierre à la douce fluidité de l'eau procurait une jouissance d'ordre esthétique. Il y avait aussi une antique croyance-fondée sur un mythe cosmogonique-selon laquelle les fleuves sont le sang qui irrigue le corps de la terre, tandis que les montagnes en sont les os. »
Le Jardin du Ryoanji
Lire le zen dans les pierres
François Berthier
Bocal
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
Lavoisier
Au bout de chaque aiguillée, un noeud et un fil coupé, puis une autre aiguillée, un noeud et un fil coupé... Ces bouts de fil coupé, de différentes longueurs, uniques et multiples (comme chaque individu), seront récoltés dans un grand bocal de verre durant la performance. Au fil du temps, le bocal* se remplira lentement de ces bouts de fil rouge, de cette mémoire, de cette action.
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Ce rouleau vertical que je souhaite symboliquement terminer au mois de mars afin de célébrer le Printemps, renaissance de l'éveil de la Nature, le 8 mars, Journée Internationale de la Femme et le 22 mars Journée Mondiale de l'Eau coulera, telle une cascade, sur la façade du 100 rue de Charenton 75012 Paris métro Ledru Rollin. Participant du rapport dedans-dehors et du principe de « l'écosystème », les 50 m de tissu déborderont du lieu alchimique pour rejoindre et rendre hommage aux gens de la rue; ceux même qui ont donné les mots, ceux même qui ont donné matière à l'élaboration de ce travail.
« Le ruisseau, la rivière, la cascade ont un parler que comprennent naturellement les hommes, une musique d'humanité /.../ Le ruisseau vous apprendra à parler quand même, malgré les peines et les souvenirs. Il vous apprendra l'euphorie et l'énergie. Il vous redira, à chaque instant, quelque beau mot tout rond qui roule sur des pierres.
L'eau et les rêves - Gaston Bachelard
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En parallèle de cette performance, un film sera réalisé, ainsi que desphotographies.
Une chorégraphie est également prévue.

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